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Selon Albert Edwards, l’inefficacité des banques centrales devrait bientôt conduire à un nouveau krach financier

Albert-EdwardsLe stratège de la Société Générale critique la politique des banques centrales et souligne leur inefficacité, qui devrait bientôt conduire à un nouveau krach financier.

Selon Albert Edwards à la Société Générale, la Réserve fédérale reconduit les erreurs de politique monétaire de ses prédécesseurs, Alan Greenspan et Ben Bernanke, qui ont entrainé une bulle financière massive finissant toujours par éclater.

Le stratège s’est rendu célèbre en anticipant la crise asiatique en 1996 et la catastrophe des subprimes à partir de 2005 (avec deux ans d’avance). Albert Edwards est un Cassandre qui prévoit (à tort) l’effondrement des actions depuis de très nombreux mois. Mais ses arguments semblent à nouveau porter et sa conférence annuelle, organisée à Londres le 12 janvier prochain avec Andrew Lapthorne (directeur de la recherche quantitative à la Société Générale) et Russell Napier (stratège indépendant spécialiste des pays émergents), devant plus de 800 professionnels, devrait rencontrer un très vif succès.

L’excès putride

A la différence du précédent cycle de resserrement du crédit aux Etats-Unis survenu en 2004, le marché de la dette privée est déjà bien stressé et il suffirait, selon le stratège, d’une minuscule aiguille pour laisser échapper «l’excès putride».

Selon Albert Edwards, la hausse du taux directeur annoncée par la Fed le 16 décembre est trop tardive pour éviter une nouvelle crise du système financier mondial. L’autorité monétaire aurait dû commencer à remonter son taux directeur l’année dernière, au vu de la progression des crédits accordés par les banques. L’année 2016 devrait donc être particulièrement turbulente.

L’extraordinaire stimulation monétaire n’a pas eu les effets positifs escomptés sur l’économie américaine, mais elle a contribué à accentuer les écarts de richesse entre les Américains. La croissance a été parmi les plus faibles de l’après-guerre. Mais ce n’est pas une surprise pour le stratège qui rappelle que la bulle de crédit précédant la récession de 2008 était parmi les plus grosses de l’histoire, nécessitant d’aussi longues années de réduction du levier financier.

Une explosion de la dette des entreprises

L’échec de la politique de la Fed s’est traduit par le maintien d’un taux d’épargne élevé chez les Américains, à plus de 5%, malgré le gonflement de la richesse des ménages à un sommet historique qui aurait dû les inciter à emprunter et consommer davantage.

A l’inverse, les largesses de la Fed ont provoqué une explosion de la dette des entreprises, qui progresse à un rythme plus élevé que lors de la bulle internet, selon Albert Edwards. Ainsi, la dette nette des sociétés du SP 1500 (hors financières) atteignait fin septembre un montant estimé à 2.600 milliards de dollars, alors que l’excédent brut d’exploitation (ebitda) de ces entreprises déclinait depuis un an vers 1.800 milliards. Fin 2009, ces deux grandeurs fortement corrélées avoisinaient l’une et l’autre 1.200 milliards !

Albert Edwards montre que ce surcroit d’endettement n’a servi aux entreprises américaines qu’à racheter leurs propres actions, sans qu’elles investissent davantage pour augmenter leurs capacités de production ou améliorer leur productivité.

Et alors que le PER médian (cours rapporté aux bénéfices estimés pour les douze prochains mois) évolue proche de son niveau historique de 19, le ratio de la valeur d’entreprise (dette nette plus capitalisation) rapportée à l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) se rapproche de 12, au plus haut depuis la bulle Internet. Il est devenu bien difficile de trouver des sociétés bon marché !

Les marges de profits devraient décliner

Les difficultés rencontrées sur le marché de la dette privée ne concernent pas seulement le secteur énergétique, mais elles reflètent la plus grande prudence des investisseurs spécialisés qui réduisent massivement leurs positions. Selon Albert Edwards, «les investisseurs en actions sont tellement intoxiqués qu’ils n’ont pas réalisé que la musique s’était arrêtée».

Alors que le coût unitaire du travail augmente et que les prix de vente sont sous pression, les marges de profits des entreprises devraient décliner. La fragile reprise de l’économie américaine est menacée par une prochaine liquidation des stocks, conclut le stratège. La récession est au coin de la rue avec «une bombe de la dette prête à exploser».

Source: lerevenu

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